MAFIA A TOUS LES ETAGES : Menace avec arme à feu apparente au Ministère de l'Energie

23/03/2021

Rajoelina est entouré de personnages peu recommandables, à l'instar de Andry Andriatongarivo. Mari de Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole du gouvernement, ce gringalet narcissique a menacé avec une arme, un homme qui doit 65 millions d'Ariary à son cousin. La scène s'est déroulée à son bureau au Ministère de l'Energie et des hydrocarbures où l'apprenti justicier, visiblement adepte des méthodes maffieuses, occupe le poste de Secrétaire général. 

« Il allait me tuer avec un pistolet braqué sur ma tête. J'ai reçu des coups de poing sur ma nuque et au niveau des oreilles. Il a montré sa ferme intention de me tuer. Une balle était logée dans son pistolet automatique ». C'est en ces termes qu'un dénommé TAHIANA a raconté sa mésaventure le 17 mars 2021 dans les locaux du Ministère de l'énergie et des hydrocarbures (MEH) à Ampandrianomby. La scène s'est déroulée dans le bureau de ANDRY ANDRIATONGARIVO, SG dudit ministère et auteur de cette menace avec arme apparente. Se sentant tout puissant, M. ANDRIATONGARIVO a joué au justicier : avec une arme à la main, il contraint TAHIANA à payer quelque 325 millions Fmg (65 millions d'ariary) de dettes envers son cousin. L'homme est enfin sorti vivant du bureau après avoir promis de rembourser la somme dès le lendemain et signé une lettre de reconnaissance de dettes.

Une fois sorti, il a envoyé un message à son frère ANGELO, magistrat en poste à Antananarivo, ex-chef de Région et ami proche d'ANDRY ANDRIATONGARIVO. Quand ses soeurs, MARIA et ANGELICA ont appris la mésaventure de TAHIANA, elles ont consulté l'ensemble de la famille et décident d'alerter le journaliste FERNAND CELLO. Publiée sur Facebook, l'information fait l'effet d'une bombe, compte tenu du passé sulfureux et du passif de l'auteur de la menace. En effet, ANDRY ANDRIATONGARIVO n'en est pas à son premier « fait d'arme » (lire par ailleurs). 

Le SG panique et demande à son ami ANGELO de persuader le journaliste à retirer sa publication. ANDRIATONGARIVO diffuse la conversation sur Facebook, dans le but de jeter le discrédit sur TAHIANA. Mais cette vidéo n'a fait que confirmer que ANDRIATONGARIVO use et abuse de son titre et de son influence. On apprend notamment qu'un simple coup de fil de sa part - à la Police économique, à la brigade criminelle ou au SEG (Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie) - suffit pour faire emprisonner quelqu'un et l'envoyer à la maison de force de Tsiafahy.

Face au refus catégorique de FERNAND CELLO qui ne se laisse pas intimider et qui maintient ses publications, ANDRIATONGARIVO a contraint TAHIANA à faire un démenti en vidéo. Mais sa soeur ANGELICA maintient que la menace avec arme et les coups portés à l'encontre de son frère par ANDRIATONGARIVO ont bel et bien eu lieu. Elle indique également que le SG a même proposé à TAHIANA d'effacer les 65 millions d'Ariary de dettes si l'affaire était étouffée. Ni ANGELICA, ni FERNAND CELLO ne cèdent ! 

La ministre LALATIANA RAKOTONDRAZAFY entre alors dans la mêlée et défend son mari à travers une tribune publiée sur Facebook. Comme à son habitude, la porte-parole du Gouvernement joue à la victime et crie au complot contre "sa famille". Quelques jours auparavant, elle était au coeur d'un autre scandale qui l'oppose à la directrice de la communication de la Présidence, Rinah Rakotomanga. Affaire à suivre.

En résumé...

"Nul ne peut se faire justice soi-même"

Cette affaire amène à quelques interrogations. 

1- La scène s'est déroulée dans un bâtiment administratif. Le SG du MEH est-il payé par les contribuables pour régler une affaire privée dans son bureau pendant ses heures de travail ? 

2- L'adage "Nul ne peut se faire justice soi-même" ne s'applique-t-il pas à un SG de ministère ? Est-il au dessus de la loi ? Serait-il protégé par nos chefs militaires et nos juges ?

3- Quels sont les ressources de M. ANDRIATONGARIVO qui peut se permettre d'effacer 325 millions Fmg de dettes, en contrepartie du démenti et de l'étouffement de l'affaire ? Quel est l'état de son patrimoine ? Une telle somme ne proviendrait-elle pas de la caisse de l'Etat ? 

4- ANDRIATONGARIVO qui est un... homme, jusqu'à preuve du contraire, a-t-il besoin de son épouse pour se défendre ?

5- Quid de l'application des dispositifs légaux sur les armes à feu ? Ne sont-elles pas censées être utilisées uniquement pour se défendre ? Combien de pistolets et de fusils disposent ANDRIATONGARIVO ?

6- Quel est l'avis du Ministre de l'énergie RAMAROLAHY CHRISTIAN dans cette histoire qui se déroule en toute illégalité au sein de son ministère ? D'ailleurs, exerce-t-il toujours ses fonctions de Ministre ? Participe-t-il toujours aux conseils des ministres et aux conseils du gouvernement ? 

7- Où est la Justice malgache ? Le BIANCO, le PAC, la Police économique ? Le SEG obéit-il vraiment aux ordres d'ANDRIATONGARIVO comme le prétend un des protagonistes de cette triste histoire ?

8- Les individus qui ont déjà été condamnés (voir ci-après) peuvent-ils être nommés à des hautes fonctions de l'Etat ?

9- En tant que SG du MEH, est-il censé travailler pour réfléchir aux solutions pour résoudre les problèmes chroniques de délestage ou pour s'occuper des dettes de son cousin ?

10- Quid de l'avis de RAJOELINA dans cette affaire ? Condamne-t-il ou cautionne-t-il les agissements des racailles de son entourage comme ce ANDRIATONGARIVO... qui l'a traité de trafiquant de bois précieux dans le passé ?

Un condamné nommé SG

ANDRY ANDRIATONGARIVO était Chef de service régional du Ministère des finances à Tuléar en 2014 quand il a dû être affecté « en catastrophe » à Antananarivo. Suite à des problèmes de comportement et de werawera que les Tuléarois ne supportaient pas, le jeune fonctionnaire a été renvoyé dans la Capitale pour échapper au lynchage auquel il était exposé. Il s'est retrouvé au garage administratif du Ministère des finances sous la protection de son oncle qui en était le chef de service. Sous l'administration Rajaonarimampianina, il a refusé sa réaffectation à Tulear et a porté l'affaire devant le Conseil d'Etat mais a perdu. Il a démissionné de la Fonction publique. Après l'accession de Rajoelina au pouvoir en 2019, le chômeur qu'il était à ce moment précis, décroche le poste de chargé de mission au ministère de la défense nationale en avril 2019, puis de Secrétaire général du ministère de l'énergie et des hydrocarbures (MEH) en février 2020. Sa nomination à ces hautes fonctions dans ces départements clés, n'a aucun lien, ni avec sa formation, ni avec ses compétences. C'est son statut de « Première Dame » de la controversée Ministre LALATIANA RAKOTONDRAZAFY qui a pesé dans la balance.

Le 26 mars 2021, suite à la convocation d'ANGELICA chez les gendarmes, le lanceur d'alerte MAHERY LANTO MANANDAFY s'est interrogé dans une publication sur Facebook : "Comment un condamné dans une affaire d'escroquerie et de filouterie peut-il être nommé SG d'un ministère" ? Avec une preuve édifiante à l'appui : un extrait de l'audience publique du 28 juin 2011 du Tribunal de première instance d'Antananarivo condamnant ANDRIATONGARIVO ANDRISOA A UN AN DE PRISON FERME ET 720 000 ARIARY D'AMENDE POUR ESCROQUERIE !

Sa nomination peut alors être considérée comme la récompense de ses années d'activisme sur les réseaux sociaux. En effet, ANDRY ANDRIATONGARIVO alias Antarus Regelus sur Facebook n'a cessé de fustiger les régimes successifs, y compris la Transition de Rajoelina. En effet, dans une publication datant du 1er mai 2015, il confirme que « Le régime dirigé par Andry Rajoelina exporte illicitement du bois précieux » (voir illustration). Depuis qu'il s'est rapproché du DJ, comme son épouse, ANDRY ANDRIATONGARIVO a changé de braquet, et consacre son temps à glorifier celui qu'il a qualifié à raison de trafiquant, quand il ne transforme pas son bureau en salle de torture.

Un antécédent au Palais des Sports...

Se disant amateur de chasse, ANDRY ANDRIATONGARIVO s'exhibe souvent sur Facebook avec une arme à la main. Ces photos ne joueront pas en sa faveur, le jour où il se présentera de nouveau devant le tribunal. Cela ne saura tarder d'autant que ce ne sont pas les antécédents qui manquent et les langues commencent à se délier. L'anecdote la plus connue s'est déroulée sous les yeux de plusieurs dizaines de témoins lors d'un concert au Palais des Sports de Mahamasina. Une femme a eu le malheur de danser et de gêner la vue du couple ministériel. Andry A. s'est levé et a demandé à la spectatrice de s'asseoir, tout en vociférant que sa femme est ministre. Face au refus de la « danseuse », il n'a pas hésité à l'agresser physiquement en la tirant par les cheveux. La dame a tenté de riposter mais Andry A. a sorti un pistolet et a menacé de tirer sur la dame. La scène a été filmée. Et inondera la toile d'ici quelques semaines.

Déjà condamné plus d'une fois

La liste des démêlés de Andry Andriatongarivo avec la justice est longue. Citons notamment qu'il a déjà été condamné au moins à deux reprises pour coups et blessures volontaires, violences et menaces de mort. L'une de ses victimes était une élève avocate avec qui, il a eu une aventure. Sa première condamnation suite à ses actes d'agression était suivie de son exclusion de l'IFPA (Institut de formation professionnelle des avocats). 

Début 2016, son ex-épouse a également été violentée après avoir découvert ses liaisons cachées avec une autre femme, peu de temps après la naissance de leur enfant. Il a été condamné, pour la seconde fois, à 2 ans avec sursis. Sans oublier l'obligation de payer les pensions alimentaires.

D'autres "conquêtes" de Andry Andriatongarivo et des victimes de ces comportements belliqueux ne manqueront pas de sortir de l'ombre, au moment voulu. 

En attendant, le multirécidiviste peut continuer à se prendre pour un "haut dignitaire" de la République bananière de Rajoelina. 

Machines à ragots

Les époux Andriatongarivo ne manquent pas de monnayer la non publication des "dossiers" - réels ou fictifs, montés de toutes pièces, concernant de nombreux politiciens ou acteurs économiques. Pour mettre en oeuvre ce genre de chantage et de racket, ils utilisent le journal Free News et la radio Free FM comme machines à ragots. Bien entendu, ces méthodes ne portent aucune trace mais sont pourtant connues comme le secret de Polichinelle. En revanche, des accords secrets foulant au pied les règles de déontologie journalistiques ont fuité sur la toile il y a quelques années sur Facebook. C'est le cas de cet "acte d'engagement" signée par Lalatiana Rakotondrazafy qui promet de ne plus s'attaquer à Mamy Ravatomanga.

Menace contre Gascar Fenosoa au Sénat

Ce n'est pas fini. La scène suivante s'est déroulée le 9 octobre 2017 sur le parking du Sénat à Anosikely. Après avoir publié un article diffamant contre Honoré Rakotomanana, président de la Chambre Haute de l'époque, LALATIANA RAKOTONDRAZAFY du journal Free News est venue demander pardon. M. Rakotomanana a retiré sa plainte. De mauvaise humeur, suite à ce camouflet honteux, ANDRY ANDRIATONGARIVO s'en est pris au journaliste Gascar Fenosoa qui travaillait à l'époque à la station On Air Radio. Celui qui va devenir l'illustre présentateur de l'émission L'Invité du Jour sur Real TV a été photographié et a reçu des menaces verbales de la part de la « Première Dame de Lalatiana ». Gascar Fenosoa n'a pas manqué de déposer une plainte de réserve comme indiquée sur l'illustration suivante. Certaines sources affirment qu'à cette occasion, Andry A. ne s'est pas contenté de proférer des menaces verbales mais a également sorti son arme.

C'est sur ce même parking que quelques mois auparavant, en tant qu'activiste de Facebook, Andry A. a violemment interpellé le Sénateur Olivier Rakotovazaha, trois fois son aîné.

Il souhaite la contamination des opposants par le Covid

Même en tant que haut responsables de l'Etat, Andry A. continue à alimenter sa page Facebook de propos polémiques et haineux à l'encontre de l'opposition. Le 20 avril 2020, il a publié : « Si vous n'appréciez pas le remède vita malagasy, alors n'en prenez pas ou n'en donnez pas à vos enfants. Quand vous serez contaminés, on souhaite que vous le soyez vraiment, mais ne rabaissez pas le produit malagasy ni n'encouragez pas nos compatriotes à le haïr. Et que Dieu vous bénisse et que les portes du paradis vous soient directement ouvertes ». Ces propos haineux ont fait l'objet d'une plainte par la plateforme de l'opposition RMDM. Aux dernières nouvelles, ce sont le ministre de la défense, le gouverneur d'Analamanga et des députés de la majorité qui sont actuellement contaminés.