MINISTERE DE LA SANTE : Pluies de milliards pour des... parkings

07/05/2021

Ce n'est pas l'argent à gaspiller qui manque au Ministère malgache de la santé. Les chiffres de ces marchés publics datant de Février 2021, que nous avons reçus et « recoupés », l'attestent.

700 millions d'Ariar, soit 3,5 milliards de FMG, sont consacrés à de simples travaux d'embellissement paysager dans la cour de l'hôpital d'Andohatapenaka. Pire, il ne s'agit pas d'une création ou d'aménagement mais d'une simple remise en état d'un parking existant qui a été endommagé pendant un chantier récent.


Le parking de cet hôpital de la Capitale coûte 7 fois plus cher que la morgue de l'hôpital de Morondava. Soi-disant "manara-penitra", ce CHR n'était donc pas équipé d'une morgue. Il a fallu attendre que la pandémie explose, avec le nombre de morts en constante augmentation, avant que les autorités pensent à en construire.

L'aménagement d'une voie d'accès et d'un parking sont chiffrés à 300 millions d'Ariar dans ce même hôpital de Morondava.

On retrouve dans ce même document que lors des constructions des hôpitaux soit disant aux normes, les autorités ont oublié les transformateurs électriques. Ils font aujourd'hui l'objet d'un marché spécifique complémentaire qui s'élève à 720 millions d'Ariar à Ihosy, Antanambao Manampotsy, à Maintirano et à Antsalova.

A noter au passage que le montant dépensé pour le parking d'Andohatapènaka coute également plus cher que la construction du CHR Betsibouk, chiffré à 500 millions d'Ariar.

A l'intérieur des hôpitaux malgaches, il manque de tout. Mais les autorités, adeptes de la politique du paraître trouvent le moyen de consacrer..... tenez-vous bien.... 8,566 milliards d'Ariar pour des aménagements extérieurs de 12 établissements. Toujours pas prévus lors de leur conception initiale, ces travaux sont destinés à aménager les esplanades pour accueillir les habituelles fastueuses cérémonies d'inauguration par Rajoelina, en campagne électorale permanente.

Autres travaux additifs, non prévus lors de la conception des projets, la construction de châteaux d'eau dans 12 hôpitaux. 960 millions d'Ariar sont consacrés à ces travaux. Au plus grand bonheur des entreprises des proches du pouvoir qui peuvent se frotter les mains. L'Etat d'urgence sanitaire est une porte grande ouverte au marché publics de complaisance, au népotisme et autre copinage.

Ces montants mirobolants sentent la sur-facturation à plein nez. A se demander même si le ministère de la santé ne serait pas devenu une plateforme de blanchiment d'argent pour certains dirigeants.

En temp normal, ces investissements auraient pu être jugés opportuns. Mais en pleine crise sanitaire, le régime Rajoelina fait preuve d'incompétence notoire et d'absence de bon sens en donnant la priorité au parking, au détriment des malades qui « tombent comme des mouches » et de CES HOMMES ET CES FEMMES qui combattent au front au quotidien. En effet, bon nombre de médecins sont morts. Les soignants, les internes et les agents paramédicaux qui devront être soutenus au maximum en raison d'une importante surcharge de travail en cette période exceptionnelle, ne perçoivent pas leurs dûs, dans les délais impartis. Ils sont en manque de matériels et d'équipement de protection individuelle, dans tout Madagascar. 

Les concentrateurs et les bouteilles d'oxygène sont arrivés tardivement. Et malgré l'urgence, leur acheminement vers les centres de traitement est systématiquement précédé d'une ridicule cérémonie de réception par Rajoelina à Ivato. Médecin après la mort, le papa du CVO ne peut jamais se passer de sa petite dose journalière de show médiatique. A tel point qu'à Madagascar, les milliards sont utilisés, non pas pour améliorer les soins et les prises en charge des malades, mais pour construire des parkings pour les survivants; et des morgues et des tombes pour les morts !